Emploi et maintien des seniors : des exemples de mesures

Date de publication : 07/09/2009

Auteur : Magali GARCIA

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 a instauré une nouvelle obligation pour les entreprises.

En effet, désormais, les entreprises d'au moins 50 salariés doivent engager une négociation tous les 3 ans sur les seniors ou mettre en place un plan d'action. La première échéance étant fixée au 1er janvier 2010.

Lors de votre négociation, au-delà de l'embauche des seniors, il faut tenir compte de plusieurs autres problématiques : adapter le travail à l'état de santé physique et mental des salariés âgés, assurer la continuité de leur employabilité, éviter que leurs savoirs et savoir-faire se perdent…

Voici donc quelques idées de mesures appliquées en Europe.

Le recrutement :

· O2 (entreprise française) a mis en place une campagne de recrutement en direction des seniors retraités ou inactifs notamment en publiant des offres sur les sites dédiés à l'emploi des seniors. Elle a également organisé des partenariats avec des associations s'occupant des seniors.

· Axa France a mis en place une équipe de collaborateurs seniors recrutés en interne chargée de réaliser des missions temporaires dans différents secteurs de l'entreprise.

Le temps de travail :

· Pays-bas et Royaume-Uni : les entreprises favorisent le travail à temps partiel en fin de carrière tout en maintenant des droits à pension équivalant à un temps plein.

· Belgique : un hôpital a accordé des jours de congés supplémentaires en fonction de l'âge du salarié. Ainsi, les infirmières de 45 ans et plus ont droit à 1 jour de plus, celles de plus de 50 ans à 2 jours et 3 jours au-delà de 55 ans.

Le contenu du travail :

· Volvo (entreprise suédoise) pratique la rotation des postes de travail de sorte que les salariés affectés à des tâches physiques, notamment les plus anciens, accomplissent des tâches variées.

· Belgique : les partenaires sociaux ont recommandé d'informer le travailleur âgé ayant « un travail lourd » des postes « plus légers » qui seraient vacants dans l'entreprise et qu'il pourrait occuper, si besoin après avoir suivi une formation.

· Vinci a instauré un entretien, 5 ans avant le départ en retraite, au cours duquel le salarié peut opter pour :

o Rester dans son emploi en l'aménageant si besoin ;

o Evoluer vers une fonction de tuteur ou de formateur interne

o Aménager ou réduire son temps de travail

L'amélioration de la santé :

· Pekka Niska (société finlandaise) : incite les salariés à avoir une pratique sportive régulière pour se maintenir en forme. L'incitation va jusqu'à verser une prime de 1 euro par kilomètre de jogging effectué.

· D'autres entreprises mettent l'accent sur la qualité de l'alimentation, la lutte contre le tabac ou l'alcool.

L'employabilité :

· Finlande : à la fin des années 90 un programme national a mis en place des actions pour développer les capacités des managers et des cadres à promouvoir l'employabilité des seniors.

· Belgique : en 2006 a été lancé un programme dont l'objectif était de faire accompagner les jeunes qui commencent à travailler par des collègues plus âgés qui ont une longue carrière dans l'entreprise et qui peuvent ainsi jouer le rôle de tuteur.

· Condamin (entreprise auvergnate) a organisé des coopérations entre salariés fondées sur la diversité des âges et des expériences pour transmettre les savoir-faire spécifiques. L'enjeu était de créer plus de polyvalence et d'éviter les parcours trop linéaires, où les savoirs ne se transmettent plus.

Haut de la page